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                                             Internet

               L'article suivant suivant est pris d'un C.D scientifique très intéressant (voir référence en bas) et que nous recommandons à tous nos élèves :

    C'est à l'armée américaine que l'on doit le concept d'Internet. Dès 1969, le Pentagone décida de se doter d'un réseau de communication reliant ses centres de recherches. Et ce réseau devait être en mesure de résister à une attaque nucléaire. Ces deux impératifs décidèrent de sa structure même. D'une part, sa vocation d'échange de données, associée à l'essor de l'informatique, orienta ses concepteurs vers une transmission numérique. D'autre part, son obligation de résistance à l'effet électromagnétique du feu nucléaire, ou à une rupture pure et simple de la liaison, les amena à envisager une structure maillée en « toile d'araignée ».

  Deux points devaient toujours pouvoir être reliés entre eux par plusieurs « chemins » différents. Et quand une attaque aurait rompu une liaison, il serait possible de détourner l'information par d'autres circuits. Ainsi germa ce qui allait devenir Internet, réseau routier de ce qu'on appelle le « cyberespace ». En fait, il s'agit d'un réseau de centres serveurs communiquant par le réseau téléphonique, ou par des liaisons spécialisées, et possèdant un langage de communication commun auquel tout le monde se réfère (les spécialistes parlent de « protocole logiciel »).

  Au début des années quatre-vingts, la National Science Foundation américaine créa un réseau de cinq grands centres de données informatiques, qui devait être réservé aux demandes d'informations et aux échanges de données des chercheurs. Le succès fut toutefois si grand que des sociétés qui n'étaient pas dans la recherche envahirent le réseau, puis le « squattèrent » ; car la NSF, pour aller vite et parce que c'était plus commode, s'était installée sur des standards de communication déjà existants. Le succès d'Internet se mesure, certes, à ses 20 millions d'utilisateurs, et à la croissance phénomènale du nombre de trillions de bits échangés mensuellement : 1,5 en juin 1991, plus de 12 en juin 1994, rien qu'aux Etats-Unis. Et 15 % d'utilisateurs de plus par mois ! Mais il ne fait plus du tout le bonheur des pionniers : Internet est en passe de devenir un vaste bazar planétaire. Son principe est simple : des centres serveurs sont reliés entre eux par le réseau téléphonique local, régional, national et mondial. Chacun met ce qu'il veut sur son serveur, et libre à tous de se promener de serveur en serveur pour y trouver des informations ou des contacts. Au début, donc, les serveurs étaient essentiellement scientifiques et universitaires. Ce n'est plus le cas maintenant.

  L'explosion de la micro-informatique, au début des années quatre-vingt-dix, attira les financiers américains qui ouvrirent Internet aux affaires. C'était, d'ailleurs, une idée du président Clinton, qui fit attribuer six millions de dollars à un consortium de Silicon Valley pour créer le serveur CommerceNet. Grâce aux extensions internationales des liaisons par satellite, il était ainsi possible de traiter avec l'Australie ou le Japon. Les serveurs se sont donc multipliés : on en compte près de 40 000, plus ou moins modestes, et interconnectés selon les régions et les intérêts.

  Polyvalent, destiné autant aux professionnels qu'au public, capable d'acheminer aussi bien des logiciels et du texte que, grâce à son débit de transmission très élevé, des images ou du son, Internet a ainsi gagné son surnom d'« autoroute de l'information », et c'est probablement un support qui s'adapte idéalement au multimédia, concept en vogue.

  Avec le temps, Internet s'est progressivement internationalisé. Le spécialiste Carl Malamud décrit dans son récent ouvrage, Exploring the Internet, les réseaux locaux qui existent déjà à Utrecht, Adelaïde ou Séoul, et qui vont se raccorder tôt ou tard à la filière américaine. A titre d'exemple, le gouvernement de Singapour a lancé un réseau dit Teleview, qui transmet des documents photo de très haute qualité en même temps que des informations boursières, des petites annonces immobilières, des renseignements sur les compagnies aériennes ou des leçons de mandarin et de malais. Un réseau commercial, TradeNet, a également été créé et un troisième programme est en cours d'étude.

  On pourrait penser qu'avec un taux d'extension qui est passé du géométrique à l'exponentiel, un Internet véritablement mondial s'instaurera avant la fin de ce siècle, pour le grand bonheur de tout le monde. Un demi-milliard d'utilisateurs disposeraient alors de postes portables qui leur permettraient, de la voiture ou de la chambre à coucher, de s'informer sur les cours de la Bourse de Francfort ou l'état du déchiffrage du Pentateuque des manuscrits de la mer Morte, à Jérusalem, Londres, Paris et Boston. La réalité est sans doute plus nuancée.

  En effet, le gigantisme même qui menace cette masse « amorphe » (l'épithète est du magazine américainScience) qu'est Internet en est le plus redoutable ennemi. Le premier inconvénient, déjà, en est l'irruption de démarcheurs. Les utilisateurs américains sont outrés de l'inondation de ce qu'ils appellent de façon imagée le « courrier poubelle » (junk mail), depuis les propositions d'astrologues jusqu'au mariage par correspondance, les offres de strip-tease à domicile ou les draps de couleur à prix de gros.
     En témoigne l'anecdote suivante : un cabinet d'avocats américains, les Siegel, voulait diffuser ses offres de service aux étrangers désirant acquérir la carte de séjour aux Etats-Unis. Le couple Siegel a fabriqué à ces fins un programme qui a permis d'atteindre 5 500 « boîtes aux lettres » et des millions d'utilisateurs, jusqu'en Australie. Cela leur a valu d'être le couple le plus haï du cyberespace. Ils ont reçu un courrier d'injures si volumineux qu'il a fait sauter plusieurs fois l'ordinateur et qu'au bout de trois jours, l'Internet Direct de Phoenix leur a coupé le service (ils lui ont intenté un procès).

  Certains optimistes pourraient trouver ces inconvénients secondaires ; ils sont pourtant si sérieux que le NSF s'en retire entièrement pour se replier sur une version améliorée du réseau originel, qui sera, on l'espère pour eux, moins fréquentée.

  On peut également redouter, du moins pendant les prochaines années et si l'essor d'Internet se poursuit au taux actuel, des « douleurs de croissance » plus ou moins pénibles, comme en atteste l'exemple hollandais. En 1990, des organismes savants, comme le CWI, qui traite d'informatique et de maths, et le NIK-HEF, qui s'occupe de la physique des hautes énergies, décidèrent de regrouper des petits réseaux en un Internet souple, informel. C'est ainsi qu'est né le RIPE, en réaction contre les projets officiels de réseau européen, qui tardaient trop à aboutir. Or, les petits réseaux s'étaient trop développés ; ils se chevauchèrent.

 Cet incident évoque un autre écueil, et non des moindres, celui des conflits administratifs et idéologiques. Les premiers ont déjà eu lieu maintes fois, comme l'explique le livre de Malamud cité plus haut. Mais les conflits idéologiques ne font que pointer leur nez, à propos de messages confessionnels, du contrôle des naissances ou de la pornographie. S'ils sont encore circonscrits au territoire américain, par exemple, et donc susceptibles d'être gérés, on frémit des réactions d'un pays intégriste qui verrait déferler de la pornographie, en images ou non, sur ses ordinateurs.

  Le tour n'est pourtant pas fait des problèmes que peut susciter ou exacerber Internet. Il y a déjà le piratage classique, mais on n'a pas exploré tous les risques de sabotage pur et simple. Reste également à résoudre le problème des droits d'auteurs : comment calculer les redevances d'un livre ou d'un CD-ROM qui pourrait être consulté par des centaines de milliers de clients à travers le monde ?
     Ultime mais véritable critique : le temps et l'argent. Qui aura le désir de consulter les masses d'informations déversées sur son fax ou son imprimante, par exemple, afin d'y trier celles qui sont intéressantes ? Et que coûteront ces services ? Ces dernières objections ont d'ailleurs suscité l'apparition de véritables outils informatiques de navigation aux noms aussi barbares que peu évocateurs de Gopher, 3W ou Archie, spécialisés dans la recherche d'informations, et qui permettent de gagner du temps en affinant les critères de sélection.

  De même, si l'on choisit de s'intéresser aux 20 000 articles - plus de 50 Mo - déversés chaque jour en 1993 sur UseNet (gigantesque revue de presse informatique), des logiciels adaptés ne laisseront filtrer que les articles associés à des mots clefs choisis à l'avance : « aéronautique » ou « zoologie ». Celui qui s'intéresse, par exemple aux données du télescope Hubble, choisira les mots de référence : « Sci. Astro. Hubble ». Un telle sélection devrait éviter des notes Internet faramineuses.
    En conclusion, Internet n'est encore qu'une nébuleuse où les planètes ne se sont pas encore solidifiées. Il est certain que la structuration ira dans le sens de réseaux publics et privés spécialisés et convenablement verrouillés. Le cyberespace ne peut ni ne doit être un bazar ruineux.

     Qu'est-ce qu'Internet ?
    Qu'il soit à New York, à Tokyo, à Paris ou installé dans une université, le serveur constitue le « noeud » de base d'Internet. Il s'agit plus prosaïquement d'un gros ordinateur capable de trier, mémoriser, aiguiller et acheminer des masses considérable de données. Celles-ci transitent par des lignes téléphoniques couplées (72 dans le cas de Calvacom) ou des liaisons haut débit spécialisées de type Transpac (ici 12 accès simultanés). Cependant, pour l'usager, le centre serveur fait bien plus qu'un simple « central téléphonique ». C'est lui qui rend conviviale la liaison avec un correspondant, une base de données ou, d'une manière générale, l'accès à l'information souhaitée, quel que soit son type.

      Un réseau en « toile d'araignée »:
Militaire à ses débuts, Internet devait être en mesure de résister au feu nucléaire. Cela a conduit à ramifier ses connexions, afin que divers «chemins» soient possibles pour relier deux centres. Cette structure lui confère aujourd'hui une couverture dense.
    Globalement on peut comparer le fonctionnement du centre serveur à celui d'un immeuble (voir dessin). Tous ses locataires, les abonnés, peuvent y entrer, laisser un message dans la boîte aux lettres d'un autre locataire, relever son propre courrier, puis, une fois dans son appartement, se livrer à ses activités privées. Comme une cité universitaire, cet immeuble est doté d'une bibliothèque commune, d'une salle de projections et de clubs. Dans ces espaces « publics », chacun des locataires peut consulter un ouvrage, entamer un débat avec d'autres locataires, visionner des documents photographiques, etc.

    Les services sont regroupés par types. Chaque groupe est baptisé cité. Selon le système de gestion utilisé par le matériel (Dos, Windows, Unix, Macintosh) on trouve, par exemple, une cité PC, une cité Unix et une cité Macintosh. Les informations qu'elle contiennent ainsi que les logiciels téléchargeables (c'est-à-dire capables d'être enregistrés, puis utilisés sur la machine d'un particulier après qu'il se soit déconnecté du réseau) sont spécialement conçus pour un type d'ordinateur donné.
     D'autre cités sont plus généralistes, comme les banques de données, ou, à l'inverse, plus spécialisées encore, telle que la cité Midi, essentiellement destinée aux musiciens cherchant les derniers raffinements techniques pour utiliser au mieux leurs synthétiseurs.

 La messagerie, une boîte aux lettres à deux voies:
       Dès son abonnement chaque utilisateur se voit attribuer une boîte aux lettres. Celle-ci est bidirectionnelle et beaucoup plus complète qu'une simple boîte à messages. D'autres abonnés peuvent y placer, bien entendu, des messages que l'utilisateur a tout loisir de dépouiller à l'heure qui lui convient, mais également des données de toutes sortes. Il est, entre autre, possible d'y déposer des images, des sons, une base de données ou même des logiciels exploitables ultérieurement par téléchargement. De même, les boîtes aux lettres des autre abonnés étant accessibles, il est possible d'y déposer une information à toute heure. Le fait que la liaison ne s'effectue pas « en direct » est particulièrement intéressant lorsqu'il s'agit d'un réseau à couverture mondiale. En effet, dans ce cas, les décalages horaires n'ont plus qu'une importance mineure. Enfin, si un message particulièrement urgent est attendu, il est possible de demander à un service vocal d'avertir son destinataire par téléphone dès réception du message.
        Les Courriers, des lieux de rencontre:

Ils seraient comparables aux « clubs » des locaux publics de notre immeuble. Bien souvent, les utilisateurs y échangent des propos techniques. Par exemple, si un abonné a des problèmes avec un logiciel ou l'équipement de sa machine en nouvelles options, il peut les exposer dans les Courriers. Les messages envoyés dans ces rubriques sont immédiatement accessibles par l'ensemble des autres abonnés. C'est bien souvent la meilleure voie pour trouver rapidement une solution à un problème technique.

  Sur l'ensemble des utilisateurs, il serait surprenant qu'un autre abonné n'ait pas déjà eu le même type de soucis à résoudre. Et une solidarité s'est créée entre utilisateurs. Néanmoins il ne s'agit pas uniquement d'« ateliers techniques ». Il est fréquent que naissent dans ces espaces de grands débats d'idée sur des sujets n'ayant guère de rapport direct avec l'informatique. Des programmes spéciaux permettent le dialogue ou la conversation en direct à plusieurs.
       Les bibliothèques, de petites nationales:

Ce sont des bases de données, offrant plus 12 000 programmes ou fichiers. Les deux principales concernent les PC et les Macintosh. Elles sont situées dans les cités concernées. En raison de l'énorme quantité d'informations disponibles, un système de recherche par « mots-clé » est utilisé pour accéder aux données désirées. Pour cela une fonction « rechercher » existe. Après avoir cliqué sur son icône il suffit de fournir deux ou trois mots décrivant l'application, le logiciel ou le fichier à consulter pour que la recherche commence. Souvent plusieurs fichiers répondent à la description ; tous ceux qui correspondent aux critères choisis seront proposés. Il suffira, ici encore, de cliquer celui, ou ceux, qui s'accordent réellement au choix pour y accéder.
     En général, les bibliothèques offrent, soit en consultation, soit en téléchargement, des utilitaires, des jeux, des images, des sons, des programmes, etc. La plupart de ces données sont compactées (c'est-à-dire traitées de manière à diminuer le nombre d'octets) pour réduire parallèlement leur temps de transmission. Il faut les « décompacter » avant utilisation à l'aide d'un petit programme utilitaire, opération maintenant courante en informatique.

Le contenu des bibliothèques est constamment remis à jour. De plus, un contrôle permanent permet de garantir l'absence de virus. Enfin, les bibliothèques sont interactives : tout abonné peut proposer ses images, logiciels ou autre.

  L'AFP pour tous...
    On peut accéder en permanence aux informations de l'AFP. Là aussi, une recherche par mots clés permet de retrouver les articles traitant d'un sujet donné. Ceux-ci sont transmis sous une forme qui autorise le « copier-coller » sur un traitement de texte classique.
     ... Et les réseaux internationaux aussi
   Pour accéder aux réseaux internationaux, Internet dispose de « passerelles », dispositifs informatiques chargés d'adapter les standards de communication et codages. L'utilisateur « navigue » donc sans souci des contraintes techniques propres à chacun d'entre eux. Les services vont de la simple messagerie type boîtes aux lettres à la palette complète qui comprend des bases de données, des Courriers, et l'accès au téléchargement.

       Ce qu'offre Internet en France

  Internet existe déjà en France. Pour les particuliers, trois sociétés proposent leurs services : FranceNet, Calvacom et CompuServe. En fait les prestations offertes par chacune d'entre elles sont extrêmement proches pour ne pas dire identiques. Ceci est lié au fait que l'accès à Internet depuis la France se fait à partir d'une « porte » unique. Notre autoroute informatique n'a qu'une seule bretelle d'accès : le réseau Oléane. Ce dernier reste, d'ailleurs, directement accessible (et rentable) pour les entreprises. Cependant, dans le cas d'un utilisateur privé, sa tarification devient prohibitive. Les sociétés telles que FranceNet, Calvacom ou CompuServe, font donc office de « détaillants » de connexion et de temps de liaison par opposition au « grossiste » que constitue le réseau Oléane. Ces sociétés offrent des services annexes à Internet, ainsi qu'une présentation plus « conviviale » du réseau. C'est essentiellement sur ces derniers points et sur la tarification que se situent les différences entre les services proposés.
     Ces abonnements donnent accès à une base de données et de traitement, où sont répertoriés les lieux desservis par Internet. Les procédures d'accès sont entièrement automatisées ainsi que les éventuels transcodages. Il est donc ainsi possible de se connecter à la planète entière. Boîtes aux lettres, bases de données, Courriers, assistances technique, etc., deviennent internationales.

  Ce réseau est certes gigantesque, mais il est aussi facile a utiliser que le réseau local ne reliant que quelques postes au sein d'une entreprise. Une série d'icônes permet à l'utilisateur de naviguer du Japon aux Etats-Unis, en passant par l'Afrique, sans qu'il ait même la notion que l'information parcourt des milliers de kilomètres et emprunte des satellites avant de lui parvenir.

  Citons quelques-uns des services les plus marquants accessibles par l'intermédiaire de l'abonnement Calvanet (Calvacom) ou FranceNet.

- W3 permet d'accéder à un réseau maillé couvrant plusieurs centaines de serveurs. La Nasa et la librairie du Congrès américain utilisent ce moyen de transmission pour leur documentation. Il est également exploité par des centaines d'universités du monde entier. Une porte ouverte au « tourisme virtuel » mais également une bibliothèque où sont répertoriés plus de 79 000 ouvrages et l'accès à une banque d'images impressionnante.

- FTP permet de télécharger des fichiers d'images concernant aussi bien la météo que les sites touristiques de la planète, en passant par les dessins de Boris Vallejo, ainsi que des milliers d'oeuvres d'art.

- Email est particulièrement axé sur le courrier électronique. Dix-huit millions d'utilisateurs y viennent régulièrement piocher le contenu de leur boîte aux lettres.

- Usenet News est consacré aux grands débats et aux informations. Deux mille cinq cents Courriers, sur les sujets les plus divers, et pour beaucoup en français, y siègent en permanence.

- Fax et télex (sur Calvapro). La présence de ces services sur un réseau informatique s'explique par leur facilité d'utilisation, quand un particulier ou une entreprise veut envoyer le même message à un grand nombre de personnes qui ne sont pas toutes abonnées à Internet. Le cas le plus typique est celui des « mailings » d'entreprise. Là, il est possible de stocker le message dans le serveur et de lui joindre une liste de numéros de téléphone. S'il est, par exemple, stocké au format fax, le serveur se chargera d'appeler automatiquement l'ensemble des numéros inscrits et transmettra le message. Ainsi chacune des personnes, ou entreprises, sélectionnées recevront le fax, sans que l'expéditeur ait besoin de bloquer une machine, ou un employé, pour mener à bien cette tâche. C'est le service qui a rencontré trop de succès aux Etats-Unis.

        Comment utiliser Internet

  Comment se connecter
     Un ordinateur travaille en numérique, c'est à dire uniquement à l'aide de la présence ou de l'absence d'une tension, lui indiquant la présence d'un 1 ou d'un 0. De son côté, le téléphone, premier moyen de liaison avec le réseau, est analogique. Ici la tension évolue constamment et proportionnellement à l'information à transmettre, en l'occurrence la voix. Il faut donc rendre compatible le mode de fonctionnement du téléphone et de l'ordinateur pour être en mesure d'assurer une liaison.

  Le matériel nécessaire
    Un appareil se charge de cette adaptation. Il s'agit du modem (abréviation de modulateur-démodulateur). En fait il transforme les 1 et les 0 de l'ordinateur en sifflements de hauteur différente. Un sifflement aigu correspond à un 1, un sifflement un peu plus grave correspond à un 0. Ainsi le téléphone devient capable d'émettre les octets indispensables à l'ordinateur. A la réception l'opération inverse est pratiquée. Si le modem « entend » une note aiguë, il indique à l'ordinateur la présence d'un 1, celle d'un 0 si c'est une note grave.
    Le modem est donc l'intermédiaire indispensable entre l'ordinateur, quel qu'il soit, et le réseau. Cependant, en France, nous avons la chance de posséder le minitel. Cet appareil contient un modem intégré qui peut être utilisé. Il n'est sans doute pas très performant et ne transmet les données qu'avec un débit relativement faible, mais il reste largement suffisant pour s'initier.
     Utiliser le minitel en tant que modem est simple. A l'arrière de celui-ci se trouve une fiche au format DIN identique à celles utilisées sur certaines chaînes haute-fidélité. Il suffit d'acquérir un cordon spécial pour connecter le minitel à l'ordinateur. Dans tous les cas, ce cordon comporte une fiche DIN côté minitel, la fiche équipant son autre extrémité est fonction du type d'ordinateur à connecter. Toutefois le simple fait de relier ordinateur et minitel ne suffit pas a accéder au centre serveur. En effet, rien n'avertit l'ordinateur qu'il a un nouveau moyen de transmission à disposition. Pour l'en informer il faut lui fournir un logiciel adéquat. A cette fin Calvacom propose le logiciel Calvasoft. FranceNet et CompuServe possèdent également un logiciel tout à fait comparable quant à ses possibilités.

  Dès qu'il est activé, ce logiciel demande qu'on lui précise si c'est un minitel qui est utilisé ou un véritable modem. Une fois la réponse fournie, ou les paramètres de transmissions précisés s'il s'agit d'un modem, il gère la connexion et affiche l'ensemble des services disponibles sous forme d'icônes ou de fenêtres à choix multiples dans le cas de CompuServe. Nous retrouvons donc la configuration évoquée plus haut.
      Sur minitel, en raison du faible débit de la liaison, naviguer dans le centre serveur peut paraître lent. Pour remédier à cette lenteur l'idéal est d'acquérir un véritable modem. Pas que franchit rapidement la quasi totalité des abonnés après une phase d'initiation. Dans ce cas, la vitesse de transmission peut être portée à 14 400 bauds (bits par seconde), voire 28 800 bauds, soit 24 fois la vitesse de transmission du minitel. Il est possible de se procurer des modems très performants pour environ 500 F. Un investissement qui se rentabilise rapidement car sur Internet, comme sur tous les réseaux, le coût d'une transmission est lié à sa durée. Plus le débit est élevé, moins la transmission coûte cher à quantité de données transférées égale.

        Ce qu'il en coûte
    Calvacom propose trois tarifs d'abonnement : Calvacom 2, Calvanet et Calvapro. Chacun correspond à une gamme de possibilités plus ou moins étendue. FranceNet et CompuServe ont, eux, une tarification unique.
- Calvacom 2
  C'est le tarif de base. ll constitue l'essentiel des services proposés par Calvacom. L'ensemble des bases de données, Courriers, boîtes aux lettres, ainsi qu'une partie des accès à Internet sont disponibles.
     A ce stade, une tarification forfaitaire est appliquée, du moins pour toutes les liaisons utilisant le réseau commuté, c'est-à-dire le réseau téléphonique conventionnel. Si, toujours par l'intermédiaire de Calvacom 2, l'utilisateur veut se connecter sur un réseau spécialisé, Transpac par exemple, une surtaxe, correspondant au surcoût de la liaison, lui est facturée.
      Pour utiliser Calvacom 2 il faut commencer par régler un droit d'accès, annuel, de 360 F. C'est cet abonnement qui permet d'obtenir un numéro d'accès et la création d'une boîte aux lettres. A cette taxe de base il faut ajouter un droit mensuel d'utilisation. Deux options sont proposées. Si le matériel de l'utilisateur ne lui permet pas d'obtenir des vitesses de transmission supérieures à 14 400 bauds, ce droit est de 120 F mensuels. Si, en revanche, son équipement lui offre la possibilité de dépasser cette vitesse (modem 28 800 bauds entre autre) et qu'il l'exploite, le droit monte à 240 F.

  Enfin Calvacom 2 est équipé d'un véritable serveur minitel. Celui-ci offre la possibilité, entre autre, à une personne ne possédant pas de micro-ordinateur de se connecter sur Calvacom. Il permet également à un non-abonné de tester les services offerts par l'intermédiaire du service 3615 Calvacom. L'utilisateur est alors accueilli par le centre serveur en tant « qu'invité », c'est-à-dire qu'il peut consulter un certain nombre de bases de données, mais il n'a ni la possibilité d'y transférer des informations, ni celle de déposer des messages dans une boîte aux lettres. C'est, en quelque sorte, une visite purement consultative et incitative.

  Un abonné peut passer par le « canal minitel » et avoir alors accès à l'ensemble des services, mais cette solution n'est pas réellement rentable. En effet, dans ce cas, les taxes de base du réseau 3615 (2,19 F la minute) s'ajoutent au coût de l'abonnement. Il peut donc éventuellement s'agir d'une solution de début, ou de dépannage, mais on ne peut pas parler dans ce cas d'utilisation normale.
     - Calvanet
    Contrairement au cas précédent, la durée de la communication est comptabilisée dans la facturation. Trois droits sont donc à considérer. Le premier, annuel, est comme pour Calvacom 2, de 360 F. Le second, mensuel, de 240 F. Enfin, une taxe de 80 F par heure de liaison est à ajouter. Là, les vitesses de transmission ne sont pas prise en compte pour l'établissement de la facturation. Il est donc particulièrement intéressant d'investir dans un modem rapide afin de pourvoir transmettre, ou recevoir, une maximum de données en un minimum de temps. A quantité d'informations transférées égale ceci permet de diminuer le temps de connexion et, par voie de conséquence, le montant de la facture et donc de rentabiliser rapidement l'investissement en matériel.

 - Calvapro
   Services comparables à ceux de Calvacom 2 plus le service fax, télex et les liaisons avec l'AFP, services inclus dans ceux proposés par FranceNet. La tarification est identique à celle de Calvacom.

- FranceNet
   Pour FranceNet la tarification est légèrement différente. Ici pas de droit d'accès annuel. Seul un abonnement mensuel de 160 F est demandé. En contrepartie, l'heure de connexion est légèrement plus chère puisqu'il en coûte 85 F de l'heure.

- CompuServe
   CompuServe constitue un peu un cas à part, dans le sens où les services évoqués plus haut ne devraient être opérationnels qu'en fin d'année. Actuellement Compuserve fonctionne plus à la manière d'un BBS (voir Science & Vie no 893), certes extrêmement complet, avec quelques « passerelles » Internet. Quant aux coûts, bien que facturés en dollars, ils sont, ici encore, comparables. L'abonnement mensuel est de 8,95 dollars et l'heure de connexion est facturée 9,60 dollars. Actuellement ce serveur ouvre les portes de plus de 60 services étendus du type boîtes aux lettres ou bases de données.
   Parmi ces formules, à chacun donc de choisir celle qui lui semble le mieux adaptée. Internet transforme ainsi l'ordinateur en une machine à voyager à la vitesse de la lumière. Attention, plonger ainsi dans l'océan de la télématique n'est pas sans danger ! Une fois le premier contact établi, elle ne vous lâche plus. La moindre fiche téléphonique vous rappellera son existence et fera tout pour vous ramener dans son univers. Le premier pas vers les mondes virtuels n'est pas donné...

                      Science & Vie N°925, Octobre 94, page 112

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