Focalisation

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Focalisation (littérature)

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Le terme de focalisation peut prendre deux sens différents. En un premier sens, il peut désigner une technique narrative qui consiste à recentrer l'œil du lecteur sur un détail (d'un objet, d'un personnage etc.) considéré précédemment dans l'ensemble auquel il appartient. En un second sens, il désigne le foyer de la perception de l'univers contenu dans un texte narratif, le point de vue à partir duquel les éléments de cet univers sont décrits et racontés. Dans ce second sens, on distingue usuellement trois types de focalisation :

La focalisation externe

Le foyer est extérieur à la réalité décrite. La narration prend uniquement en compte ce qu'on en perçoit de l'extérieur. Toute appréciation ou interprétation subjective est en principe exclue. Les événements semblent, en somme, se dérouler devant l'objectif d'une caméra qui se contente de les enregistrer (les scénarios de cinéma sont d'ailleurs généralement écrits en focalisation externe). En régime de focalisation externe, le lecteur n'a pas directement accès à la subjectivité (pensées, sentiments, émotions) d'un narrateur ou d'un personnage. La littérature du XXe siècle a volontiers exploité cette technique narrative. Par exemple, Des souris et des hommes, roman de John Steinbeck, utilise uniquement la focalisation externe.

La focalisation interne

Le foyer est la conscience d'un personnage. La réalité contenue dans le texte narratif est décrite et racontée à travers son point de vue particulier, colorée par sa subjectivité. D'où la présence de déictiques (pronoms personnels de la 1ère et de la 2ème personne, démonstratifs, certains adverbes de temps et de lieu) et de modalisateurs (verbes, adjectifs, adverbes et locutions exprimant un point de vue subjectif). La focalisation interne caractérise des romans comme La Symphonie pastorale d'André Gide ou L'Etranger d'Albert Camus.

La  focalisation zéro

Les foyers son multiples. La perception n'est plus limitée à un point de vue particulier. On parle dans ce cas de narrateur omniscient car ce narrateur (généralement confondu avec l'auteur lui-même) voit tout et sait tout (comme Dieu, en somme) de la réalité décrite, de l'histoire qu'il raconte, des pensées des personnages, de leur passé ou de leur avenir. Cette technique est la plus fréquente (dominante) dans le roman classique (antérieur au XXe siècle). Les romans de Stendhal, de Balzac, de Flaubert (entre autres) utilisent la focalisation zéro.

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