Spécial Univers
La naissance de la vie sur Terre
Imaginons qu'un caillou avec des bactéries ait été éjecté de Mars...
Actuellement, nous pensons que c'est plutôt près des cheminées sous-marines qu'il faut chercher la clé de nos origines. Que la vie a peut-être débuté là-bas, sous les océans. A moins qu'elle ne soit tombée du ciel. Au pôle Sud, des chercheurs ont ramassé une quinzaine de météorites martiennes et deux ou trois lunaires. Les calculs ont montré que la Terre échange constamment des cailloux avec Mercure, avec Vénus, avec Mars, avec la Lune. La " dormance ", à savoir la capacité de moins en moins contestée de la vie microbienne à s'enfermer, à se replier sur elle-même, et à tenir des millions sinon des centaines de millions d'années dans des conditions intenables, permet d'imaginer que des bactéries ont pu survivre à un long séjour dans l'espace.
Des paléontologues ont trouvé des abeilles dans de l'ambre qui est une résine fossile généralement émise par des conifères très anciens. Les scientifiques ont voulu savoir ce que ces abeilles mangeaient. Ils ont ouvert leur intestin et ont trouvé de petites bactéries qu'ils
Pourquoi Mars, me direz-vous ? Parce que la vie sur la Terre apparaît il y a 3 milliards 800 millions d'années, au moment où notre planète traverse une très mauvaise passe, bombardée encore de tous côtés par des météorites. A l'époque, Mars, plus petite, donc beaucoup moins attirante pour les météorites, pouvait être un milieu plus douillet pour accueillir une vie microscopique...
Nos ancêtres auraient difficilement pu débarquer d'une autre étoile, à cause de la distance et de la radioactivité des pierres. Toutes les roches sont radioactives. Or, avant qu'elles ne parviennent jusqu'à notre système solaire avec leurs passagères sur le dos, il faudrait compter des milliards d'années. Sur de tels laps de temps, les bactéries en dormance ne survivraient probablement pas à l'irradiation. Inutile de chercher plus loin. Notre proche voisine, la planète Rouge, aurait pu nous céder facilement un peu de vie. Nous sommes peut-être tous des petits Martiens !
Hubert Reeves
Il y a quelques semaines, une météorite
noirâtre de 104 grammes (NWA 817) est devenue la nouvelle star des astronomes.
Ce caillou martien révèle en effet des traces d'altération par l'eau. Et
voilà relancé le débat sur la présence d'eau, par le passé, sur la planète
Rouge. C'est en décembre 2000 que cette fabuleuse pierre a été découverte
dans le Sahara par un chasseur de pierres enrôlé par Bruno Fectay et Carine
Bidaut, un couple de Jurassiens passionnés d'histoire de la vie.
" En 1997, nous avons réuni nos passions dans la
recherche de météorites, une activité que nous avons découverte au hasard
d'une exposition, expliquent-ils. Maintenant, nous passons quatre mois par
an en Afrique du Nord. Mais ce n'est pas suffisant. Nous avons donc formé
une équipe de permanents sur place, qui cherchent des météorites toute l'année.
La météorite NWA 817 a été découverte par l'un de ces Berbères au milieu
d'un ancien enclos de nomades, ce qui laisse penser qu'elle avait déjà été
déplacée par la main de l'homme. Dès que nous l'avons vue, nous avons su
que nous tenions là quelque chose d'important. "
S.R.
Sciences & Avenir N°654
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