Planètes extrasolaires


Spécial Univers

Planètes extrasolaires

On a découvert des planètes plus énormes que Jupiter et plus proches de leur étoile que Mercure...

Une soixantaine de planètes qui gravitent autour d'autres étoiles ont été recensées, et ce chiffre augmente régulièrement. Ce sont les astrophysiciens Mayor et Quenoz, de l'observatoire de Genève, qui, en 1995, ont découvert la première. Ce sont de grosses planètes, de la taille de Jupiter. Si on n'en a pas détecté de beaucoup plus petites, c'est simplement parce qu'elles sont beaucoup plus difficiles à dénicher. Il y a néanmoins des programmes en préparation Corot en France, Darwin aux Etats-Unis qui ont pour objectif la recherche de petites planètes, si possible abritant la vie. Notre planète est la seule dans le système solaire à avoir une atmosphère d'oxygène. L'oxygène moléculaire suggère la présence du vivant... Or, qui dit oxygène dit production d'ozone, un élément facile à détecter. Si nous trouvions une planète sur laquelle il y a de l'ozone, il existerait de bonnes chances pour que ce soit une planète habitée. Un grand pas serait alors franchi dans notre connaissance de l'Univers.

Déjà, les grosses planètes nous ont beaucoup appris sur notre propre système solaire.

On croyait tout savoir sur la formation des planètes. Près de l'étoile centrale, il y a les cas réfractaires, comme Mercure, qui ont une très forte température et une petite taille, mais à mesure qu'on s'éloigne, il fait de plus en plus froid, et les géantes, comme Jupiter, qui n'arrivent pas à se débarrasser de leur hydrogène et de leur hélium, se retrouvent forcément à l'extérieur. Les petites devant, les grosses derrière. Or, on a découvert des planètes plus énormes que Jupiter et plus proches de leur étoile que Mercure.

Puis on a pensé que ces mastodontes étaient nés à une distance équivalente à celle qu'occupe notre Jupiter actuellement, et que, suite à des mouvements de populations planétaires, elles avaient émigré pour se rapprocher du centre. Jusqu'au jour où quelqu'un a démontré que si ces planètes peuvent très bien se décrocher de leur orbite, il n'y a aucune raison pour qu'elles n'aillent pas immédiatement s'écraser contre leur étoile. Dans les simulations, on réussit à les rapprocher de l'astre central. Mais les arrêter avant qu'elles ne lui tombent dessus, c'est beaucoup plus difficile...

Hubert Reeves
Sciences & Avenir N°654



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