Lorsque la création du barrage d'Assouan vouait la vallée amont du Nil à l'innondation sur plus de 500 km de long et 350 km de large, il ne fallait pas moins d'un certain courage et de volonté pour faire bouger les autorités en plein conflit suite à la nationalisation du canal de Suez.
Finalement, le temple fut sauvé, après plus de 3 années de travaux, au terme d'un démantèlement et d'une reconstruction des plus difficile en raison des matériaux utilisés.
Lorsque l'explorateur suisse, Johann Ludwig Burckhardt aperçoit le temple d'Ybsamboul pour la première fois en mai 1813, il ne se doute pas qu'il vient d'ouvrir la voie aux savants, archéologues, touristes et voyageurs des pays du monde entier :
" ...J'avais visité toutes les antiquités d'Abou Simbel et je m'apprêtais à remonter le ravin sableux de la même manière que je l'avais descendu. Par un heureux hasard, je fis quelques pas un peu plus loin, vers le sud, et mes yeux se portèrent sur ce qui est encore visible des quatre immenses statues colossales, taillées dans le rocher à une distance de quelque deux cents mètres situées au fond d'une niche, mais malheureusement presque totalement recouvertes de sable, lequel dévale ici des hauteurs comme en avalanche On ne peut déterminer avec certitude si ces statues sont debout ou assises".
Extrait du récit de Johann Ludwig Buckhard
à propos de sa halte à Abou Simbel, le 22 mars 1813.
Trois ans plus tard, l'aventurier et archéologue Giovanni Belzoni, agissant pour le consul général britannique en Egypte, tenta de désensabler la façade du grand temple. En 1817, il dégagea le haut du portail, se glissa à l'intérieur du temple et découvrit le spéos. Une autre expédition dégagea le colosse sud et une partie de son voisin entre 1818 et 1819. C'est ainsi que l'on découvrit que les effigies de Ramsès étaient assises et non debout.
La renommée d'Abou Simbel s'établissait. Les voyageurs s'y succédèrent tels que Champollion, Bucton, Lepsius, Flaubert... C'est seulement en 1909-1910 que Barsanti, architecte au service des Antiquités, profite de premier exhaussement du barrage d'Assouan et de la montée des eaux, pour déblayer la terrasse, extraire les statues qui l'ornent, dégager la chapelle du nord et achever de désensabler l'ensemble.